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Logistique de chantier

Le 20/04/2022, modifié le 20/04/2022.

Définition

Aujourd'hui, lorsque nous employons le terme "logistique", on pense tout de suite aux impacts de la gestion des approvisionnements, des déchets. On réfléchit aux problématiques d'installation de chantier, à la disponibilité et à la capacité de levage de nos outils de manutention.
Le couplage de ces problématiques, auparavant considérées séparément, nous permet maintenant de percevoir la logistique comme un sujet transversal à ces pratiques.

Il s'agit d'une combinaison d’actions, d'informations et de moyens (matériels, humains) pour acheminer les ressources et équipements nécessaires en situation productive, afin de créer les conditions de la bonne exécution de l'ouvrage, en qualité, sécurité et donc efficacité.
On peut pousser le concept encore plus loin en évoquant la fiabilisation des prestations et de l'optimisation des délais, on parle alors de pilotage logistique. Il devient un service "à valeur ajoutée" pour tous les partenaires.

Une bonne logistique, c'est une amélioration de la sécurité …

Aujourd'hui, dans le BTP, les chiffres sont effrayants. En 2019, alors que le secteur représente 9 % des salariés inscrits au régime général, il est l’un secteurs les plus sinistrés en termes d’accidents de travail et maladies professionnelles.

    • Plus de 16% des accidents de travail

    • Plus de 16% des accidents de travail qui ont conduit à une incapacité permanente

    • 24% des accidents mortels

    • 48% des AT sont liés aux manutentions manuelles.

La plupart d’entre eux sont le résultat d’un manque d’organisation logistique sur les chantiers :

    • Interférences des circulations, véhicules et piétons,

    • Engorgement des livraisons,

    • Stockages désordonnés,

    • Manutention manuelle physiquement contraignante,

    • Reprises de manutention,

    • Chantier encombré, etc.

Le manque d’organisation est aussi à l’origine d’autres risques importants :

    • Trouble musculosquelettique (TMS),

    • Chute de hauteur

    • Chute de plain-pied.

Une bonne organisation logistique permet de prévenir les risques liés à la manutention, aux chutes
de plain-pied et aux chutes de hauteur ainsi que les TMS lors de l’approvisionnement des chantiers. Les troubles musculosquelettiques (TMS) comme le mal de dos, touchent de nombreuses entreprises de tous secteurs d’activité. Ils se traduisent toujours par des symptômes douloureux pour le salarié et une réduction de ses capacités. Impliquant à moyen et long terme une dégradation de la qualité de vie (douleurs répétées, perte de capacité, handicap, etc.)

Ces maux ont également un fort impact sur les entreprises, leurs performances et la pérennité de leurs activités.

Au-delà des coûts directs, viennent s’ajouter des coûts indirects qui pèsent sur les performances :

    • Désorganisation des équipes

    • Baisse de la productivité

    • Dégradation des conditions de travail

    • Turn-over important

    • Difficultés à recruter/fidéliser les salariés

    • Hausse de l’absentéisme

Comment préserver la sécurité et la santé des travailleurs mais également comment réduire la perte économique liée à ces arrêts de travail.
Nous allons voir ensemble quelques pistes d'amélioration pour diminuer les lourdes conséquences de ces négligences.

…mais également un vecteur de performance du chantier

La mutualisation des moyens et des intérêts de tous les acteurs du chantier est le nouvel enjeu de la logistique.
En agissant sur des connaissances, des compétences et des pratiques réparties dans des structures différentes, le pilotage logistique vise à modifier les cadres traditionnels des techniques et de l'organisation du travail en chantier.
Il entend faire évoluer les anciennes relations inter-entreprises strictement prescriptives, en de nouvelles modalités de coordination interactivités.

Il faut orienter la réflexion autour de trois problématiques principales.

    • La gestion de l'interactivité

    • La coordination des logistiques ?

    • La facilitation et la régulation de l'expression des enjeux logistiques ?

Pour traiter ces questions, il faut garder en tête qu'un chantier est un ouvrage en cours de réalisation, en évolution constante, et qu'il y a autant de logistiques adaptées que de phases de construction. Mais surtout que les entreprises de travaux, quelques soit leurs tailles, sont a priori déjà organisée pour gérer leurs propres besoins logistiques.

Le travail de pilotage s'inscrit dans une tension permanente, il faut trouver le bon équilibre entre fluidité et fiabilité, c’est-à-dire le bon dosage entre autonomie des activités et de contrôle des interventions.
L'élaboration de ce modèle de pilotage doit faire la balance entre l'expérience de chaque acteur et des nouvelles techniques, technologies, méthodes de travail pour être le plus pertinent possible.
Ce n'est pas une fonction indépendante et isolable de l'activité de construction, au contraire, c'est une composante entière en termes d'organisation de chantier.
L'enjeu est immense, comment susciter un intérêt commun dès lors qu'une optimisation globale de l'organisation de chantier peut se faire au détriment d'un acteur ?
Il faut optimiser la gestion commune de la logistique mais également la gestion de la logistique commune.

En études : Enrichir le planning par des fonctionnalités logistiques

L'organisation logistique vise à planifier dans le temps et dans l'espace l'utilisation des ressources du chantier, en calant le tout sur le déroulement des tâches à réaliser.

C'est bien de ce dispositif dont il est question, entendu comme une combinaison instrumentée de règles, de procédures et de techniques. L'objectif est d'associer intimement l'ordonnancement, la planification et la logistique, au point de les rendre inséparables. La réflexion porte concrètement sur l'enrichissement de l'outil "planning de tâches" par des fonctionnalités logistiques.

Tous les conducteurs de travaux le disent, le planning de tâches (transcription graphique de l'ordonnancement de la production) est l'outil de base sans lequel il est inimaginable de conduire un chantier. Bien avant que la liste des sous-traitants soit arrêtée et que le chantier démarre, c’est lui qui mobilisera les efforts du pilote.

Véritable représentation du déroulement du chantier, le planning sera toujours mis en avant pour argumenter ou arbitrer. Mais l'écart est grand entre ce planning tendu vers l'idéal et la réalité. La réflexion se fixe de ce fait un double objectif : associer la tâche à son environnement ; traduire la prévision en action.

Dans sa définition courante, le planning tient lieu d'instrument d'analyse et de projection parce qu'il permet le contrôle du déroulement du chantier. Le découpage en tâches, ou séquences de production d'ouvrage interdépendantes et hétérogènes, relève de cette double logique de travail : organiser et contrôler.
Passer d'un planning de tâches à un outil de "prévision rationnelle d'activités" nécessite donc que le pilote dispose d'une instrumentation renouvelée, construite à partir des contraintes techniques, organisationnelles et gestionnaires qu'il lui faut gouverner et coordonner pour réussir son chantier.

Dans le même temps, on parle de "repères", de "jalons déclenchants", "d'alarmes", bref de tout ce qui permet un fonctionnement interactif, en phase avec la vie réelle du chantier. Ce concept d'outil de "prévision rationnelle d'activités" ne se présente ni comme un ensemble inamovible, ni comme un document particulièrement détaillé. Il s'agit au contraire d'un ensemble de données, d'outils et de procédures derrière lesquels le planning ordinaire finit par disparaître.

En exécution : Objectif d’une approche logistique sur chantier

Qu’il s’agisse de la gestion des approvisionnements et du cycle de vie de vos produits (matériels, matériaux) sur chantier, ou bien de l’organisation du partage d’information, identifier et maîtriser vos flux de matériels, de matériaux, humains, ou bien d'informations.
Il vous permettra de déterminer vos besoins en termes de stockage, de circulation, de manutention et de production afin de coordonner les opérations de manière réfléchie.
L’objectif est d’assurer la fluidité du chantier en prenant en compte les contraintes internes et externes qui pourraient impacter directement l’avancement des travaux. Associé à des moyens d’affichage pertinents, le pilotage des flux vous permettra de travailler dans de meilleures conditions et de limiter les aléas.

Logistique opérationnelle extérieure au chantier

De la connaissance de votre besoin client à la sélection de vos fournisseurs, la gestion de votre chaine logistique vous apportera une vision stratégique d’ensemble. Intégrez le concept "d’entreprise étendue" pour intervenir sur l'intégralité de vos chantiers et améliorez l’ensemble plutôt que les individualités.

Déployez une logistique multi-chantier

Changez le périmètre de gestion de chantier d'une vision uni-site à une vision multisite peut être un levier majeur pour votre activité.
Organisation de tournées de livraison, préparation et préfabrication en amont, le chantier demeurant le lieu "d'assemblage". Cette gestion de la chaine logistique vous permettra de réduire vos déchets, vos pertes ou dégradation du matériel et d'améliorer considérablement votre efficacité sur les chantiers.
Votre activité est fluidifiée, lissée par une gestion en amont, en atelier ou usine.

Logistique urbaine, gérer les flux avec une plateforme logistique, uni-site ou interchantier

La gestion des flux de chantiers via une base arrière est une opportunité certaine pour améliorer l'organisation de votre chantier. Sur le chantier cette plateforme logistique arrière vous permettra entre autres de :

    • Maitriser vos livraisons, fiabiliser vos délais

    • Cadencer vos livraisons et améliorer le cycle de production

    • Suivre vos stocks en évitant les ruptures de stock

    • Réduire les déchets, les pertes ou dégradations de matériel

    • Réduire l'espace de stockage nécessaire sur chantier


Sur le plan général de votre entreprise, la base arrière donnera la possibilité de :

    • Réduire le nombre de camion en organisant des tournées de livraisons

    • Rentabiliser vos achats en mutualisant les demandes sur l'ensemble de vos chantiers


C'est aussi une opportunité pour gérer les autres flux des chantiers notamment en mettant à disposition :

    • Des services de parking et navette

    • Des espaces de restauration et base-vie

    • Des espaces de bureaux

    • Un comptoir d'information et showroom

Logistique opérationnelle intérieure au chantier

L’étude de l’INRS « Chantiers de construction : prévention des risques, logistique et avantage
économique » (ED 6186, créer le lien) a permis de déterminer le poids total des matériaux et des matériels
utilisés pour la réalisation des travaux du second œuvre, d’un immeuble de logements collectifs.

    • Petits volumes (pouvant être acheminé par l’intérieur du bâtiment) : 80 tonnes

    • Encombrants : 48 tonnes

Anticiper pour optimiser les approvisionnements

Chaque chantier est unique, ces singularités ne doivent pas entraver vos schémas logistiques ou vous empêchez d'étudier les optimisations réalisables sur vos approvisionnements.
Il faut étendre votre périmètre d'intervention afin de toucher la logistique en amont, vos process, votre organisation voire lorsque c’est possible vos fournisseurs.
Déployez une stratégie globale de bout en bout de la chaîne en accord avec votre stratégie d’entreprise :

    • Préfabrication,

    • Livraisons en kit,

    • Achat et gestion des stocks,

    • Démarche environnementale,

    • Qualité / Sécurité,

    • Innovation

Améliorez la démarche logistique en les associant aux éléments de planification, renforçant ainsi la robustesse du fonctionnement du chantier et permettant une lecture croisée facilitée.

    • Livraison juste-à-temps (JIT),

    • Stockage tampon,

    • Kanban

Qualifier les produits pour un "usage-chantier"

En s'intéressant aux produits de construction, on oriente la réflexion sur les échanges entre le monde du chantier et celui de l'industrie amont.
Il s'agit d'identifier les transformations successives des produits leur permettant de passer d'un état de matériau de construction, pris au sens générique du terme, à celui de "produit d'ouvrage".

En mettant le "produit" au centre de la réflexion, le but est d'associer la logistique aux performances d'usage, donc de rechercher les conditions d'une meilleure articulation entre deux finalités situées à des moments différents du cycle de vie du produit dans l'ouvrage :

    • Un objectif de "performances d'usage-final" correspondant à la satisfaction du client (maître d'ouvrage et occupant) exprimées en termes de confort, de maintenance ou d'adaptation

    • Un objectif de "performances d'usage-chantier" portant pour sa part sur la facilité d'assemblage, de manutention, d'interfaçage entre produits, de préservation au risque de vol, etc.


La performance d'usage-final fait bien partie des préoccupations des industriels-fabricants, tandis que la notion de "produit en usage" a du mal à s'imposer comme élément de définition de la qualité du produit. Elle n'est encore que très rarement désignée comme un réel domaine d'innovation par les industriels.

Le débat concerne bien le chantier, mais un chantier défini cette fois comme lieu concret d'assemblage de matériaux, de produits et d'équipements composant l'ouvrage du bâtiment. Sa pertinence passe par l'amélioration des connexions entre les produits et les informations sur la production.

En élaborant le concept d'usage-chantier, on étudie les conditions d'enrichissement du produit par l'incorporation d'informations et de services permettant de "situer" le produit dans l'ouvrage, tant en amont que pendant le déroulement de la chaîne logistique. Cette qualification est à l'origine de nouveaux usages, de nouvelles activités, de nouveaux modes de circulation et de stockage.

Cependant, seul l'engagement vers de nouvelles pratiques et de nouvelles organisations sera en mesure de renforcer cette voie de progrès.

Conclusion

Les éléments chiffrés issus de l’étude de l'INRS ED 6186 servent à alimenter une étude d’impact économique qui confirme à son tour non seulement que les organisations logistiques s’imposent pour l’amélioration des conditions de travail, mais également qu’elles sont viables économiquement.
Les investissements nécessaires à la logistique ne doivent donc pas être considérés comme une charge mais comme un investissement. Une logistique mise en œuvre sur un chantier permet une réduction des coûts de construction de l’ordre de 3,5 %.

Une étude approfondie englobant les travaux Charpente, Couverture, Étanchéité ou Gros œuvre (notamment pour tout ce qui concerne la manutention de matériel d’étaiement ou d’échafaudage) doit améliorer ce résultat.

À terme, la mise en place d’un lot Logistique est un choix stratégique qui doit s’imposer sur tous les chantiers pour une relation « gagnant-gagnant » entre les maîtres d’ouvrage, les entreprises et les salariés :
maîtrise des coûts et des délais pour les maîtres d’ouvrage ;
maintien dans l’emploi des séniors et prévention des risques professionnels pour les entreprises ;
amélioration des conditions de travail et valorisation de leur qualification pour les salariés.

À long terme cette logistique permettra de diminuer également de façon significative la sinistralité, et donc les coûts directs et indirects des AT/MP.

J’organise mes chantiers BTP en toute tranquillité avec ImaaGO.

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